CHABOUDEZ GISÈLE

Présentation

‘ Ce travail est le témoignage d’une surprise à découvrir combien la pensée du nouage, dans notre rapport aux concepts psychanalytiques, est féconde, évidente, nécessaire. Les concepts fondamentaux élaborés depuis le début de l’histoire de notre discipline, un à un, à partir de la clinique où ils se présentent, où ils nous sont nécessaires, structurent en réalité un ensemble qui fait nœud. Pas tout concept n’y entre, cela va de soi, mais beaucoup s’en éclairent radicalement, définitivement. Non seulement cela fait nœud, mais l’on peut même se demander pourquoi cela n’a pas été remarqué plus tôt. Comment, dès lors que ce qui nous définit est d’être des corps parlants, n’a-t-on pas plus tôt interrogé cette spécificité qui implique par définition que le langage est noué au corps, et le corps au langage.

DIEU LA MÈRE

Toute mère est sauvage. Et ça se passe dans le corps.

Dans ce premier temps de la naissance où d’un corps naîtra un autre corps. La sauvagerie résiste à la différence, elle est symbolisée depuis la nuit des temps par la matière, la terre, le cercle, la psalmodie, ce qui jamais ne se coupe ni ne se défait, par l’Unité disent les modes de début du 3e millénaire, sans se rendre compte que c’est de l’impossibilité de quitter l’antre maternelle dont ils parlent, « maman !, regarde comme bébé est grand au dedans de toi ! Regarde moi ! ». Le serment de la mère matricielle à son enfant est : tu retourneras toujours vers moi car tu n’es pas autre que moi ; tu es moi, tu me dois la vie, c’est-à-dire ta vie.

L’INCONSCIENT DU YIDDISH

Ce livre comprend les actes du colloque organisé à l’Université Paris 7 Denis Diderot, en collaboration avec le CNRS, UMR 7597, le 04 mars 2002. Le yiddish est la langue errante des Juifs ashkénazes, composés d’hébreu et d’araméen, de langues romanes slaves et de moyen haut allemand. Il interroge la langue de bois et la langue étatique, l’adhérence à des signifiants, puisqu’il passe son temps à s’en décoller, à choisir l’oblique, le transversal.

PIERRE REY

‘ La culture, c’est la mémoire de l’intelligence des autres.

Hormis quelques appareils digestifs exceptionnels, elle ne produit que de la culture, un discours sur un discours, à l’infini, qui se déploie dans les limites sans surprises du registres de la loi : la nier, la combattre ou la subir, dans tous les cas, c’est encore la reconnaître. Hegel, dont Sartre s’est largement inspiré, l’avait admis lui-même avec humilité en constatant que depuis vingt-quatre siècles les gains de la philosophie se bornaient à « des notes en index de Platon ».

Un index relève de la culture. Et la culture est continuité. 

La création, son contraire, est rupture.

LA GRADIVA

‘ A la vérité, aucun écrivain digne de ce nom n’a jamais observé cet impératif. En effet, la description de la vie psychique de l’homme est bien son domaine le plus spécifique; il a été de tout temps le précurseur de la science et par là aussi celui de la psychologie scientifique. Mais la frontière entre les états psychiques que l’on dit normaux et ceux que l’on appelle pathologiques est d’une part conventionnelle et d’autre part si fluctuante que vraisemblablement, chacun de nous la franchit plusieurs fois au cours d’une journée. ‘

pp. 184 – 185 *

JE NE ME LÂCHERAI PAS AVANT DE …

Journal, extrait

1897

[…] Sous aucun prétexte je ne mentirai.

Je me pose souvent la question : Qu’est-ce que j’aime ? Qu’est-ce que je suis ? Qu’est-ce que je veux ? J’y répondrais avec sincérité, car je veux avant tout m’éclairer moi-même. Je ne me crois ni ignoble ni naïf. Réellement, je vais me regarder à la loupe

LA DÉCOUVERTE DE L’INCONSCIENT

[…] C’est précisément cette histoire que raconte dans cet ouvrage pionnier, et aujourd’hui classique, Henri F.Ellenberger, médecin psychiatre et historien des sciences. Littérature, politique, philosophie, économie, vie sociale : tous les domaines de l’activité humaine sont ici sollicités pour mettre en situation l’aventure des explorateurs de l’inconscient, l’acharnement qu’ils durent souvent déployer pour vaincre l’incrédulité et la résistance des institutions en place, la fécondité de leurs erreurs, la portée intellectuelle et pratique de leurs découvertes. 

Les voici en leur temps, blessés par leurs échecs, tout au plaisir de leurs succès, s’affrontant les uns les autres dans la plus extrême violence, mais unis par la gloire d’avoir contribué à alléger le fardeau moral des hommes. 

4e de couverture

MOUSTAFA SAFOUAN

Les effets subversifs du langage s’attestent dans notre recours au savoir, là où manque la connaissance qui lie instinctivement l’animal aux objets de son milieu naturel ainsi que dans la précarité du lien qui rattache le sujet parlant à la vie, au regard d’une passion hamlétique de l’être apparemment sans attribut ni frein. La première partie de ce livre propose une théorie de l’Oedipe comme un artifice qui remédie à ce défaut comme à celui de toute essence dont s’autoriserait la définition d’un rapport sexuel. La deuxième partie est une lecture de la tragédie grecque qui reconnaît le patron du théâtre, Dionysos, comme le dieu du désir, et dégage la question éthique qui sous-tend Oedipe Roi concernant le roc originaire – sur lequel le symptôme se forme alors que se brise le savoir dont se prévaut l’ordre politique. La dernière partie, qui traite du dépérissement de la famille au profit de l’Etat séculier au XIXe siècle, laisse entrevoir la fin de la civilisation « oedipienne », au sens de marquée par l’emprise des religions du salut.