L’INCONSCIENT DU YIDDISH

Ce livre comprend les actes du colloque organisé à l’Université Paris 7 Denis Diderot, en collaboration avec le CNRS, UMR 7597, le 04 mars 2002. Le yiddish est la langue errante des Juifs ashkénazes, composés d’hébreu et d’araméen, de langues romanes slaves et de moyen haut allemand. Il interroge la langue de bois et la langue étatique, l’adhérence à des signifiants, puisqu’il passe son temps à s’en décoller, à choisir l’oblique, le transversal.

PIERRE REY

‘ La culture, c’est la mémoire de l’intelligence des autres.

Hormis quelques appareils digestifs exceptionnels, elle ne produit que de la culture, un discours sur un discours, à l’infini, qui se déploie dans les limites sans surprises du registres de la loi : la nier, la combattre ou la subir, dans tous les cas, c’est encore la reconnaître. Hegel, dont Sartre s’est largement inspiré, l’avait admis lui-même avec humilité en constatant que depuis vingt-quatre siècles les gains de la philosophie se bornaient à « des notes en index de Platon ».

Un index relève de la culture. Et la culture est continuité. 

La création, son contraire, est rupture.

LA GRADIVA

‘ A la vérité, aucun écrivain digne de ce nom n’a jamais observé cet impératif. En effet, la description de la vie psychique de l’homme est bien son domaine le plus spécifique; il a été de tout temps le précurseur de la science et par là aussi celui de la psychologie scientifique. Mais la frontière entre les états psychiques que l’on dit normaux et ceux que l’on appelle pathologiques est d’une part conventionnelle et d’autre part si fluctuante que vraisemblablement, chacun de nous la franchit plusieurs fois au cours d’une journée. ‘

pp. 184 – 185 *

JE NE ME LÂCHERAI PAS AVANT DE …

Journal, extrait

1897

[…] Sous aucun prétexte je ne mentirai.

Je me pose souvent la question : Qu’est-ce que j’aime ? Qu’est-ce que je suis ? Qu’est-ce que je veux ? J’y répondrais avec sincérité, car je veux avant tout m’éclairer moi-même. Je ne me crois ni ignoble ni naïf. Réellement, je vais me regarder à la loupe

LA DÉCOUVERTE DE L’INCONSCIENT

[…] C’est précisément cette histoire que raconte dans cet ouvrage pionnier, et aujourd’hui classique, Henri F.Ellenberger, médecin psychiatre et historien des sciences. Littérature, politique, philosophie, économie, vie sociale : tous les domaines de l’activité humaine sont ici sollicités pour mettre en situation l’aventure des explorateurs de l’inconscient, l’acharnement qu’ils durent souvent déployer pour vaincre l’incrédulité et la résistance des institutions en place, la fécondité de leurs erreurs, la portée intellectuelle et pratique de leurs découvertes. 

Les voici en leur temps, blessés par leurs échecs, tout au plaisir de leurs succès, s’affrontant les uns les autres dans la plus extrême violence, mais unis par la gloire d’avoir contribué à alléger le fardeau moral des hommes. 

4e de couverture

MOUSTAFA SAFOUAN

Les effets subversifs du langage s’attestent dans notre recours au savoir, là où manque la connaissance qui lie instinctivement l’animal aux objets de son milieu naturel ainsi que dans la précarité du lien qui rattache le sujet parlant à la vie, au regard d’une passion hamlétique de l’être apparemment sans attribut ni frein. La première partie de ce livre propose une théorie de l’Oedipe comme un artifice qui remédie à ce défaut comme à celui de toute essence dont s’autoriserait la définition d’un rapport sexuel. La deuxième partie est une lecture de la tragédie grecque qui reconnaît le patron du théâtre, Dionysos, comme le dieu du désir, et dégage la question éthique qui sous-tend Oedipe Roi concernant le roc originaire – sur lequel le symptôme se forme alors que se brise le savoir dont se prévaut l’ordre politique. La dernière partie, qui traite du dépérissement de la famille au profit de l’Etat séculier au XIXe siècle, laisse entrevoir la fin de la civilisation « oedipienne », au sens de marquée par l’emprise des religions du salut.

LE ZEN DANS L’ART CHEVALERESQUE DU TIR À L’ARC

La psychanalyse ou l’art du Zen 

Un des caractères qui nous frappent le plus dans l’exercice du tir à l’arc, et de fait de tous les arts tels qu’on les étudie au Japon – et probablement aussi dans d’autres pays d’Extrême-Orient – c’est qu’on n’en attend pas des résultats simplement utilitaires ou des jouissances uniquement esthétiques, mais qu’on y voit un moyen de former le mental, et même de le mettre en contact avec la réalité ultime. Aussi le tireur à l’arc ne se propose-t-il pas seulement de toucher la cible ; l’escrimeur ne manie pas son épée uniquement pour triompher de son adversaire : le danseur ne danse pas simplement pour exécuter avec son corps certains mouvements rythmés. Il faut d’abord que le mental se mette au diapason de l’Inconscient.