PAS UN MOT !

Tu parles d’un idéal 

Pour obéir à la voix de la conscience ou aux voix hallucinées, pour obéir à la voix du surmoi, il faut qu’elles disent quelque mot. Si le surmoi « en son ultime impératif est [ … ] une voix d’abord,

LE JOUR OÙ J’AI PRIS LA DÉCISION D’ALLER CONSULTER ‘QUELQU’UN’

Qu’est ce qui nous amène un jour à consulter un psychanalyste ?

Je partage avec vous ici le premier épisode d’une série de quatre documentaires émis sur France Culture en Septembre 2016. 

‘ L’envie de se cacher dans un cabinet de psychanalyste et de comprendre enfin comment ça se passe, ce qui se passe, ce qui se dit et comment ça se dit. De savoir si ça fait du mal ou si ça fait du bien. De savoir si ce psychanalyste est comme le mien, s’ils sont tous pareils ou si ce cabinet ressemble à celui qu’on a fréquenté. Et puis aussi on voudrait que l’analyste avoue. Est-ce qu’il souffre ? Est ce qu’elle compatit ? Est ce qu’il rêve ? Est ce qu’elle s’ennuie ? Est ce qu’il nous aime ? Et puis enfin surtout comment tout ça va finir ?

J’AI COMMENCÉ LA ROUTE, JE NE LE SAVAIS PAS, AU COEUR D’UN ÉTERNEL DÉSERT

 Celui qui pleure est un magicien, un sorcier.

[ … ] Autant dire que pour la psychanalyse, la loi se forge comme Loi dans le réel ; vient du réel. C’est là, ma semble-t-il, qu’il y a une hypothèse vraiment nouvelle : il y a une orientation dans le réel. C’est ça notre nouvelle mythologie, plus que l’oedipe devenu un bavardage trop commode. A partir de cette trouvaille, un gros travail de Lacan aura été d’ancrer la psychanalyse dans ce qu’il a appelé l’au-delà de l’oedipe – soit l’entre-deux-morts dont on ne sort que par la production d’une oeuvre : la « suppléance » qui re-nomme l’auteur.

A MA FILLE

6 mai 1908

 

Ma chère Mathilde,

Ce que tu m’as écrit ne m’a pas complètement pris au dépourvu. J’attendais, bien sûr, que tu prennes toi-même la parole. Car j’avais confiance en toi, et je crois que tu n’as pas trompé cette confiance. Si tu es contente de toi, je peux l’être aussi.

Je ne peux que te donner quelques conseils et attirer ton attention sur quelques précautions. Tu sais peut-être qu’aimer doit s’apprendre, comme tout le reste. Il est donc difficile d’éviter, ce faisant, des erreurs ;

PSEUDO & VÉRITÉ

Je me suis toujours été un autre.

 » Il me faut à présent, tenter de m’expliquer « en profondeur ». 

J’étais las de n’être que moi-même. J’étais las de l’image de Romain Gary qu’on m’avait collée sur le dos une fois pour toutes depuis trente ans, depuis la soudaine célébrité qui était venue à un jeune aviateur avec Education européenne, lorsque Sartre écrivait dans Les Temps modernes : « Il faut attendre quelques années avant de savoir si Education européenne est ou non le meilleur roman sur la Résistance… » Trente ans ! « On m’avait fait une gueule. » Peut-être m’y prêtais-je, inconsciemment.

INCIPIT VERS LA BEAUTÉ

Vers la beauté

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 » Le musée d’Orsay, à Paris, est une ancienne gare. Le passé dépose ainsi une trace insolite sur le présent. Entre les Mante et les Monet, on peut se laisser aller à imaginer les trains arrivant au milieu des tableaux. Ce sont d’autres voyages maintenant. Certains visiteurs ont peut-être aperçu Antoine Duris ce jour-là, immobile sur le parvis. Il paraît tombé du ciel, stupéfait d’être là. La stupéfaction, c’est bien le mot qui peut caractériser son sentiment à cet instant.

ÇA POUSSE AU DIRE

Un texte de Marie PESENTI 

Que fait on de la demande en psychanalyse ? selon Lacan. A cette question, je répondrais « un pousse au dire », à savoir permettre la passe des dits de la demande au dire. 

En inventant le règle fondamentale dite de l’association libre comme seule méthode pour la psychanalyse Freud faisait l’hypothèse qu’en suivant l’enchainement des dits du patient, on allait pouvoir s’approcher de ce qu’il appelait alors « le noyau pathogène inconscient du sujet. »

Avec cette invitation à perdre le fil de sa pensée pour suivre les inattendus qui en émergent, Freud avait fait le pari que la succession des associations libres de ses patients n’avait rien de libre mais qu’au contraire elle s’orientait sur l’attractivité de ce noyau pathogène à la fois source de résistances et, à la fois, dans le même mouvement, appel à dire. Résistances d’une jouissance ignorée, aimantant la parole du patient et appel à dire venu de cet insondable qui se tient au coeur, dans cet espace, dans cet écart entre les dits qui toujours se caractérisent de leur insuffisance à dire la vérité dans ces tours du dit qui se succèdent.

ESPRITS PERSPICACES

Lequel d’entre nous, intimement, massivement, aveuglément, invisiblement, en d’autres mots, persuadé d’être le seul ou l’un des seuls, ne pensait-il pas alors que la foule c’était l’autre et lui le perspicace ?


‘ Il n’y a en ce monde que bien peu d’esprits perspicaces. La foule est crédule, elle se laisse aisément tromper, parce qu’elle croit dans les apparences qu’on lui offre et ne va pas plus loin. [ … ] Il suffit dès lors au politique, pour maintenir son autorité, de composer les apparences à bon escient.’

[ Machiavel – Le Prince ]