PARIS – Mercredi 07 Janvier 2015

Faire corps face au Trauma

Le trauma est une explosion dans le cœur même du corps physique. Une dispersion cellulaire qui se traduit par des sensations diverses telles qu’avoir le cœur qui explose, les jambes coupées, ne plus avoir de bras, etc. Se sentir parfaitement éparpillés. Physiquement. Anéantis.

Le corps physique, lui, tient dans une relation de verbe avec l’autre. Le signifiant de l’autre marque la chair de l’un. Ce que tu me dis a un effet. Un effet dans mon cœur, un effet dans mon corps, un effet dans ma chair. Je suis marqué de ce que me dit l’autre.
Les valeurs, les signifiants de la Liberté, dont nous sommes marqués, sont un des tissus de nos peaux, de notre corps et… de notre corps social. Les valeurs de Liberté mises à mal, c’est le corps de chacun qui réagit. Qui, ces derniers jours, ces dernières heures, qui d’entre nous n’a pas réagit physiquement, émotionnellement ? Qui n’a pas pleuré ? Eu l’envie de vomir ? De crier ? Qui n’a pas été abasourdi ? Voir, ravi et souriant ? La réaction face à l’attaque de valeurs, de signifiants fondamentaux, quelque soit notre positionnement, a un effet immédiat sur le corps de chacun.Le trauma social s’inscrit dans l’éparpillement, cellulairement éprouvé, de chacun face au choc. Nous ne pouvons maintenir cet état et c’est ensemble que nous faisons alors corps. Comme un seul homme. Touchés à la moelle, une réaction reflex survient ; se rassembler, être ensemble, faire corps à nouveau pour se rassembler chacun en soi dans ce qui nous fait vibrer, rire, créer, être lumineux. Et partager. Enfin.

Chacune de nos réactions aura son impact. Chacune de nos réactions se manifestera dans la réalité d’une manière ou d’une autre. Immédiate ou à venir. Nous sommes, réjouissons nous en, responsables de la suite aussi, car tout se répercute. A nous de jouer.

FacebookTwitterGoogle+Share