VOUS AVEZ DIT SUJET ?

Je pense : donc je suis*

En 1965, Lacan nous dit la chose suivante : « Explorer le champ du rêve, c’est remettre du signifié en circulation. » Mais pour quoi faire ? C’est pour l’évacuer purement et simplement.* Ce n’est pas du tout parce qu’on a compris quelque chose à ce qui se passe pour le patient, et on va lui expliquer, on va lui donner la signification de ce qui lui arrive. Il va en faire quoi ? « C’est très intelligent, ce que vous m’avez dit, c’est très bien… » Et puis, on le range dans la caboche avec le reste. Evidemment, rien n’a changé.

N’ÊTRE POUR LA MÈRE

Le repérage de cette féminité de la mère n’est pas sans causer une difficulté à l’enfant, mais elle est structurale et structurante.Le Nom-du-Père ne suffit pas à résorber toute la jouissance de la femme qui est sa mère, ce qui conduit chaque enfant à devoir construire sa réponse singulière. C’est la thèse de ce livre

 » Pourquoi ce chemin plutôt qu’un autre ? « 

Rappelons que c’est dans l’épreuve du désir de l’Autre que se constitue le sujet : « Si le désir de la mère est le phallus, l’enfant veut être le phallus pour la satisfaire [ … ] » mais « [ …] ce qu’il a ne vaut pas mieux que ce qu’il n’a pas [ … ] ». Alors, face à quoi se trouve-t-il ?

LE JOUR OÙ J’AI PRIS LA DÉCISION D’ALLER CONSULTER ‘QUELQU’UN’

Qu’est ce qui nous amène un jour à consulter un psychanalyste ?

Je partage avec vous ici le premier épisode d’une série de quatre documentaires émis sur France Culture en Septembre 2016. 

‘ L’envie de se cacher dans un cabinet de psychanalyste et de comprendre enfin comment ça se passe, ce qui se passe, ce qui se dit et comment ça se dit. De savoir si ça fait du mal ou si ça fait du bien. De savoir si ce psychanalyste est comme le mien, s’ils sont tous pareils ou si ce cabinet ressemble à celui qu’on a fréquenté. Et puis aussi on voudrait que l’analyste avoue. Est-ce qu’il souffre ? Est ce qu’elle compatit ? Est ce qu’il rêve ? Est ce qu’elle s’ennuie ? Est ce qu’il nous aime ? Et puis enfin surtout comment tout ça va finir ?

TIC TAC TIC TAC TIC

On ne rêve pas seulement quand on dort.

… ‘ qu’il puisse y avoir un dire sans qu’on sache qui le dit voilà à quoi la pensée se dérobe. C’est une résistance ontique. C’est ce qui fait tiquer tous les adversaires de la psychanalyse. Et c’est ce qui fait tiquer le patient, névrosé du moins, qui tient tellement à être maître de ce qu’il dit.’ 

TO BE IN READINESS

Révolutionnaire 1897, 

« Rébecca, ôte ta robe, tu n’es plus fiancée ! »

‘ Dr SIGM. FREUD Chargé de cours de Neurologie à l’Université. Vienne 21 Septembre 97 IX, Berggasse 19

CHER WILHELM,

Me voilà de retour, depuis hier matin, dispos, de bonne humeur, appauvri, sans travail pour le moment, et dés notre réinstallation terminée, c’est à toi que j’écris en premier.

TU NE MANQUES PAS D’AIR !

Extrait, agrémenté par mes soins, d’une interview faite livre d’Anne Dufourmantelle par Laure Leter. Laure Leter propose dans son avant-propos d’écouter, ne serait-ce que quelques secondes, la voix d’Anne Dufourmantelle pour accompagner la lecture du texte qu’elle rapporte dans cet ouvrage.

Si elle avait une autre voix, cela raconterait une autre histoire.  

Un des arguments des TCC, c’est qu’il faut s’exposer aux choses, arrêter de les « intellectualiser » ?

Mais « intellectualiser », ça ne veut rien dire ! Parce que d’abord la parole c’est du souffle et du corps.

RÉANIMATION

La conscience anesthésie là où les mots du rêve réaniment

 » Les paroles qui disent un rêve (…) informent de biais la conscience d’un processus vital que celle-ci semble ne pas vouloir prendre en compte. Tout se passe comme si le désir dont le rêve est le messager était traité en intrus. Comme à bord d’un navire en danger de naufrage, le temps pris par la conscience pour réaliser la gravité de la voie d’eau n’est pas à la mesure du risque. Il faut beaucoup de courage pour évaluer la situation et décider, contre toute « raison » de changer drastiquement de direction. Les sorties de dépression sont à ce prix : il faudrait avoir une très vive conscience du danger de devenir un zombie – ce que les médicaments et aujourd’hui la mode de la méditation compulsive, vous font perdre de vue – et commencer par entendre ce que disent les rêves.

LA RACINE MÊME DE L’ART

Le réel c’est le discontinu 

J’étais parti de cette distinction par Lacan de deux pas chez Freux.

  1. Celui de l’inconscient structuré comme un langage, qui relève des effets du refoulement secondaire ; qui relève d’une sémiotique, qui relève d’effets de langage que Freud et Lacan nous ont appris à décrypter : métaphore, métonymie, condensation, déplacement, etc.
  2. Celui de l’automatisme de répétition découvert en 1920 par Freud, qui n’est ni plus, ni moins que ce que j’avais tenté de déplier dans Le corps des larmes* en essayant de donner un peu de substance à cette chose obscure que sont les premiers balbutiements de la naissance du jet : ce que j’appelais « être revenu sur ses pas » pour que l’on puisse reconnaître que là, on a déjà été une fois. C’est à dire qu’il y a un moment où quelque chose va compter pour Un : où il y a à reconnaître qu’on a déjà mis là ses pas, et qu’il y a un effet-sujet dans cette répétition inaugurale. C’est à la fois les effets de la marque – nous pouvons même dire la création de la marque, de la coche, en tant qu’elle crée du Un, et quelque chose du sujet qui advient par ce retour au même, au même lieu, au même, quelque chose qui permet de compter Un. C’est, par exemple, ce que l’homme préhistorique a peut-être fait quand il a tué avec sa massues le deuxième auroch. À ce moment, il a gravé sur sa massue un trait. Il a fallu qu’il en tue un deuxième pour qu’il puisse compter le premier, qu’il y a du 1, c’est-à-dire que ça se répète. Je ne sais comment vous transmettre ça autrement, nous sommes dans un tel balbutiement subjectif que les mots peuvent difficilement en rendre compte. Dans ce deuxième pas, l’automatisme de répétition, dans cette opération subjective, il y a quelque chose qui fait os. Et cet os, c’est l’écriture précisément.   

RAISON, PARTAGE TON ROYAUME, JE T’EN SUPPLIE

Le sens unique n’a rien à voir avec le vivant* 

Texte de JP Winter, in Choisir la psychanalyse, 2001, Points, pp. 90-94

( … ) La psychanalyse ferait-elle peur parce qu’elle apporte du nouveau ? Oui et non.

Oui, en ceci qu’elle crée un nouveau lien social ; la relation analyste/analysant, et un mode de penser totalement inédit ( A une condition près : que l’analysant joue le jeu du dispositif analytique en s’efforçant de dire tout ce qui lui vient à l’esprit **)