ESPACE ANALYTIQUE – 14 et 15 MARS 2020

ACTUALITÉ DES PULSIONS

Au fur et à mesure que ses institutions et ses logiques évoluent, notre époque montre plus encore combien le désir humain ne peut s’articuler sans la force et l’organisation pulsionnelle, qui peuvent aller jusqu’à le submerger. Moins masquée aujourd’hui par les interdits et les croyances religieuses, la pulsion se manifeste toujours plus dans les symptômes qu’elle produit, dans la logique qu’elle répète, les destins multiples qu’elle connaît, qui sont autant de substituts aux excitations qu’elle crée.

Boulimie, addictions, SM, exhibitions, et bien d’autres formes la mettent ouvertement en scène. L’expérience freudienne en a épelé la clinique, la source, l’objet, le but, a montré en quoi la pulsion relaie l’organique dans le psychisme sous la forme d’une poussée constante. Les pulsions sont nos mythes, disait Freud, et en effet elles poussent selon une grammaire alors qu’elles sont ancrées dans les orifices et organes du corps, elles manifestent l’appareillage des zones érogènes du corps par le langage.

SILVIA LIPPI – 26 SEPTEMBRE 2019 – RYTHME ET MÉLANCOLIE

SILVIA LIPPI

auteure de
« Rythme et mélancolie »
Eres, 2019
avec

Alejandra Ruiz Lladó, Bernard Toboul, Diana Kamienny
26 Septembre 2019
21h
Maison de l’Amérique Latine *
 

« Quelle relation y a-t-il entre la psychanalyse, dont la pratique est fondée sur le langage, et la musique, qu’on dit asémantique parce qu’elle nous bouleverse sans jamais articuler de signification précise ?». C’est avec cette question que l’auteure ouvre son travail influencé par son expérience de la musique et du jazz en particulier.
Contrairement aux abords de la clinique de la mélancolie à travers l’objet, ce travail introduit la question du rythme, et opère un transfert conceptuel que nous essayerons de mettre à l’épreuve lors de cette soirée.

AVIGNON 2019 – JOURNAL DE BORD DE MONSIEUR WILLIAM MESGUICH

Ici, à cette heure, quasi en direct, vous trouverez une perle. Le travail et l’approche théâtrale de William Mesguich aura toujours eu résonance à mon non-sens, et c’est bien là qu’il sonne. Avec la grande amabilité de son aval, vous pourrez lire ses mots tout juste sortis de sa plume. 

Et nous les relirons. Un des offices de nos mots partagés, souvent, est celui du refuge. Alors, cher William, un grand merci à vous. Et bonne lecture à chacun de nos autres. 

MC

LE SYMPTÔME AUJOURD’HUI

Voici le verbatim de l’intervention de Madame Catherine Vanier au colloque d’Espace Analytique, « Clinique psychanalytique du symptôme » *

Tristan, 7 ans 

Je vais essayer à propos de symptôme et de modernité de vous parler très brièvement d’une famille que j’ai reçue il y a très peu de temps, que je viens de recevoir. Un petit garçon, appelons-le Tristan, il a 7 ans et il vient pour un premier rendez-vous accompagné de ses parents pour des troubles du sommeil apparus récemment : endormissement difficile et tardif, nuits agitées, réveils occasionnés par des cauchemars, qui certaines nuits peuvent se répéter toutes les heures, et qui se terminent à chaque fois dans le lit des parents. « Il vient toujours de mon côté » précise la mère « parce que, moi, je suis la seule à pouvoir le rassurer. » Certains matins, Tristan, épuisé, n’arrive même plus à aller en classe. La directrice de l’école conseille à la famille de consulter. Les voilà donc venus, m’expliquer qu’il fallait de toute urgence trouver une solution pour résoudre ce problème, ce problème récent auquel ils n’étaient pas habitués, au plus vite. D’ailleurs toute la famille est à bout, y compris Agathe. Les parents me parlent beaucoup d’Agathe, la grande soeur de 9 ans qui avait d’ailleurs dit récemment que si son frère continuait à réveiller la nuit, c’était pas compliqué, elle quitterait la maison. Ce qui a beaucoup paniqué les parents. Le père me dit « Tout doit rentrer dans l’ordre. Faites quelque chose et surtout, surtout, surtout qu’on n’en parle plus ! »

Mais justement, ça tombait mal, puisque moi ce que je leur proposais c’était de me parler de Tristan.

JOURNÉE MONDIALE DE LA VOIX – MERCREDI 12 JUIN 2019

LA VOIX ENTRE CUIR ET CHAIR

La journée mondiale de la Voix, a vu le jour au Brésil le 16 avril 1999 et a depuis été reconduite dans différents pays. En 2010 à Paris, avec L’autre côté de la voix, elle a pris, à Paris, la forme singulière de ce « colloque voix/Psychanalyse » dédié à la voix a-sonore qui pulse au coeur de la parole. En 2011, La Voix Aveugle a tissé et métissé ce qui se trame entre voix et regard. En 2012, La Voix sur les braises a fait flamboyer le désir religieux qui nous la voix du sujet avec celle de l’Autre. En 2013, Vox Dolorosa a déplié les brisures de la voix dolente prise dans l’étau du corps-parlant. En 2014, La voix entre chien et loup s’est aventurée dans les structures psychiques, là où elle de l’ombre à la parole. En 2015, Voix des murs, Voix d’a-mur a joué les passe-murailles, traquant dans les fissures de la parole et les coursives du corps, l’appel à l’amour et à la mort qui s’y niche. En 2016, A bas bruit, la voix a tendu l’oreille au bruissement de la langue qui fait mi-dire la parole et tressaillir le corps du secret, à l’affut de la voix basse de l’Autre. En 2017, Voix à double tranchant a osé démasquer les voix hors-scène qui maintiennent la parole sur le fil du rasoir. En 2018, Voix en trompe l’oeil a joué avec le semblant et l’illusion qui brouillent l’écoute et font dévier une certaine Voix trompe la mort.

Cette année, en 2019, La voix entre Cuir et Chair, s’écorche vive aux aspérités de la parole, dans le corps à corps avec l’autre. Entre perception et conscience, elle s’incarne, se décharge, et travaille au burin l’oreille débordant parfois de surdité mortifère.

Mercredi 12 Juin 2019 de 9h00 – 18h30 

Paris Diderot / Amphithéâtre A2