LA DÉFAITE DU SUJET

Puisque le neurobiologie semble affirmer que tous les troubles psychiques sont liés à une anomalie du fonctionnement des cellules nerveuses, et puisque le médicament adéquat existe, pourquoi devrait-on s’inquiéter ? Il ne s’agit plus désormais d’entrer en lutte avec le monde, mais d’éviter le litige en appliquant une stratégie de normalisation. On ne s’étonnera donc pas que le malheur que l’on prétend exorciser fasse retour de façon foudroyante dans le champ des relations sociales et affectives : recours à l’irrationnel, culte des petites différences, valorisation du vide et de la sottise, etc. La violence du calme est parfois plus terrible que la traversée des tempêtes.

LE JOUR OÙ J’AI PRIS LA DÉCISION D’ALLER CONSULTER ‘QUELQU’UN’

‘ L’envie de se cacher dans un cabinet de psychanalyste et de comprendre enfin comment ça se passe, ce qui se passe, ce qui se dit et comment ça se dit. De savoir si ça fait du mal ou si ça fait du bien. De savoir si ce psychanalyste est comme le mien, s’ils sont tous pareils ou si ce cabinet ressemble à celui qu’on a fréquenté. Et puis aussi on voudrait que l’analyste avoue. Est-ce qu’il souffre ? Est ce qu’elle compatit ? Est ce qu’il rêve ? Est ce qu’elle s’ennuie ? Est ce qu’il nous aime ? Et puis enfin surtout comment tout ça va finir ?

FAIRE PAYER

‘ Donc si vous voulez, cela suppose que c’est lui-même qui investit toute son énergie, d’où cette idée que c’est incompatible avec quelque chose de médicale, de remboursé, d’assisté. C’est incompatible avec toute idée de prise en charge par un autre que soi-même puisqu’il s’agit, au contraire, que le sujet se prenne en charge lui-même [ … ] ‘

CHAOS, GAYA ET OURANOS

Didier Anzieu, 1966 : « Oedipe avant le complexe ou de l’interprétation psychanalytique des mythes »[1] I. LECTURE DE LA MYTHOLOGIE GRECQUE Deux au moins des concepts essentiels de la psychanalyse, le complexe d’Oedipe et le narcissisme, doivent leur nom à la mythologie grecque. Freud a achevé l’invention de la psychanalyse comme science spécifique, différente […]

LE CORPS N’EN FAIT QU’À SA TÊTE – 24 NOVEMBRE 2018 – NÎMES

Argument : N’en déplaise à ses détracteurs comme à nos défenses névrotiques, la psychanalyse lacanienne n’est pas une pratique « d’intellectuels ». La question du corps y est centrale. On vient en analyse avec son corps, un corps que l’angoisse tétanise, aux prises avec une douleur inouïe, absurde. Et si ce sont pures pensées qui semblent tyranniser le sujet, le corps est aussi de la partie sur le mode d’un refus. A l’envers l’opposé de toutes promesses de maîtrise : « Je fais ce que je veux de/avec mon corps», l’expérience montre que celui-ci semble vouloir n’en faire qu’à sa tête !

LE MIROIR SONORE

Enfin, revenant sur le stade du miroir tel que l’a conçu Lacan, où le Moi s’édifie comme autre sur le modèle de l’image spéculaire du corps entier unifié, D.W Winnicott (1971) a décrit une phrase antérieure, celle où le visage de la mère et les réactions de l’entourage fournissent le premier miroir à l’enfant, qui constitue son Soi à partir de ce qui lui est ainsi reflété. Mais, comme Lacan , Winnicott fait porter l’accent sur les signaux visuel. Je voudrais mettre en évidence l’existence, plus précoce encore, d’un miroir sonore, ou d’une peau auditivo-phonique, et sa fonction dans l’acquisition par l’appareil psychique de la capacité de signifier, puis de symboliser. 1