INCONSCIENT ET SYMPTÔMES

La découverte de Breuer forme encore de nos jours la base du traitement psychanalytique. La proposition que les symptômes disparaissent lorsque leurs conditions inconscientes ont été rendues conscientes – j’ajouterai, rendue conscientes par l’analysant lui-même et grâce à la place tenue par le psychanalyste – a été confirmée par toutes les recherches ultérieures, malgré les complications les plus bizarres et les plus inattendues auxquelles on se heurte dans son application pratique. Notre thérapeutique agit en transformant l’inconscient en conscient, et elle n’agit que dans la mesure où elle est à même d’opérer cette transformation.

Faut-il ajouter qu’il ne suffit pas, bien entendu, de dire « mais je le sais ça ! », et que c’est bien à force de répétitions et de redites que quelque chose entre l’orifice auditif et l’oreille commence une permutation, pourrait-on dire cellulaire, laquelle aussi soudaine et franche puisse t’elle être ne peut se faire sans l’inlassable empêchement des manifestations de résistances avec lesquelles le sujet est en proie.

LA CRÉATION D’UN IDÉAL

C’est à ce moi idéal que s’adresse maintenant l’amour de soi dont jouissait dans l’enfance le moi réel. Il apparaît que le narcissisme est déplacé sur ce nouveau moi idéal qui se trouve, comme le moi infantile, en possession de toutes les perfections. Comme c’est chaque fois le cas dans le domaine de la libido, l’homme s’est ici montré incapable de renoncer à la satisfaction dont il a joui une fois. Il ne veut pas se passer de la perfection narcissique de son enfance ; s’il n’a pas pu la maintenir, car, pendant son développement, les réprimandes des autres l’ont troublé et son propre jugement s’est éveillé, il cherche à la regagner sous la nouvelle forme de l’idéal du moi.

FREUD, LA FINESSE D’UN ACTE MANQUÉ – 1935

Je suis très satisfait par cette solution, mais, dans les auto-analyses, le risque d’être incomplet est particulièrement grand. On se contente trop tôt d’une élucidation partielle, derrière laquelle la résistance garde aisément par-devers soi, ce qui est peut-être plus important.

ESPACE ANALYTIQUE – 14 et 15 MARS 2020

Boulimie, addictions, SM, exhibitions, et bien d’autres formes la mettent ouvertement en scène. L’expérience freudienne en a épelé la clinique, la source, l’objet, le but, a montré en quoi la pulsion relaie l’organique dans le psychisme sous la forme d’une poussée constante. Les pulsions sont nos mythes, disait Freud, et en effet elles poussent selon une grammaire alors qu’elles sont ancrées dans les orifices et organes du corps, elles manifestent l’appareillage des zones érogènes du corps par le langage.

PAPA ? – SAMEDI 16 NOVEMBRE 2019 à REIMS – A.L.I

Ne pouvons-nous pas en constater les effets cliniques, tant au niveau collectif (dégradation du lien social, disqualification des savoirs, faillite de l’autorité au sein de la famille et de l’école) qu’au niveau individuel ? Dans l’Autre, y a t’il encore investissement d’un sujet-supposé-savoir ? Question qui concerne particulièrement l’analyste. Quels enseignements recueille-t-il de sa pratique ? Qu’est-ce qu’un fils ou une fille peut attendre de son père ?, quand il est là ?

DIEU LA MÈRE

Pour chaque être humain qui choisit la vie plutôt que la mort, le choix se posera une seconde fois.
Comment parler de la peur, celle qui arme les humains depuis toujours.
Qui fait se blottir les enfants dans le sommeil. Qui n’a pas de mots pour se dire. On est habités par la peur d’être abandonnés. Assumer cette peur d’être abandonné, c’est faire entrer dans la nuit ce qui permet à la nuit d’apparaître comme nuit. De la comprendre comme résolument obscure. Sans la lumière, elle ne deviendra jamais nocturne. Ni espace, ni lieu, ni temps, une pure opacité.

Il n’y a rien d’autre alors que l’aménagement de cette peur.

SILVIA LIPPI – 26 SEPTEMBRE 2019 – RYTHME ET MÉLANCOLIE

Silvia Lippi essaye dans son parcours de définir la musique, la structure de la musique, son rapport au langage, aux affects, aux phonèmes, à la sonorité, la lisibilité de la musique et son lien au sens et au non-sens et à la jouissance. Pour cela elle se sert du corpus psychanalytique mais également anthropologique et philosophique. Pour arriver ainsi à une des conclusions de son travail : « Le but de notre analyse a été́ de montrer l’importance de la mise en place du rythme dans la cure, et des enjeux pour celle-ci lorsqu’on entrecroise les domaines de la psychanalyse et de la musique.

ILS TENDENT AU BONHEUR

Telle qu’elle nous est imposée, notre vie est trop lourde, elle nous inflige trop de peines, de déceptions, de tâches insolubles. Pour la supporter, nous ne pouvons nous passer de sédatifs. ( Cela ne va pas sans « échafaudages de secours », a dit Théodor Fontane. ) Ils sont peut-être de trois espèces : d’abord de fortes diversions, qui nous permettent de considérer notre misère comme peu de chose, puis des satisfactions substitutives qui l’amoindrissent ; enfin des stupéfiants qui nous y rendent insensibles. L’un ou l’autre de ces moyens nous est indispensable.

PAS UN MOT !

Vouloir le bien du sujet ne fait qu’augmenter le poids de cette oppression du surmoi ; l’instance parentale est devenue altérité sonorisée, la voix ayant transposé la réalité parentale en réalité psychique.