AVIGNON 2019 – JOURNAL DE BORD DE MONSIEUR WILLIAM MESGUICH

‘L’émotion qui me submerge quand un spectateur me prend dans ces bras, après Artaud-Passion parce qu’il est dévasté par la parole du poète de la cruauté, par cette pensée incandescente qui dérange nos consciences bien-pensantes. « Je veux un théâtre de sang par lequel chaque représentation transformera celui qui joue, celui qui voit jouer. Il faut mobiliser la peur et expulser la violence. Dire l’innommable, l’ineffable et montrer l’invisible » et moi aussi, je suis touché. Au plus profond de mon être par cette parole essentielle, par cette torsion poétique, par ces mots qui résonnent longtemps dans nos âmes par trop indifférentes au monde qui nous entoure. ‘
William Mesguich

AVEC LE PSYCHANALYSTE, L’HOMME SE RÉVEILLE

[ … ] ‘ Si ça ne va pas, écris. Ecris ce que tu penses ; jusqu’au bout ( * jusque là où tu peux. Tu verras que tu ne peux pas beaucoup et cela t’étonnera de ne pouvoir dire par l’écrit que si peu. Des éclairs poétiques viendront à ta rescousse. Les tiens d’éclairs poétiques. Pas ceux des autres. Ils ne seront, ici, à cet instant d’aucun secours. Tu comprendras sans le savoir encore bien des choses et tu ne mourras pas tout à fait maintenant. Plus tard peut-être. Plus tard. Evidemment. Heureusement. ) Il faut y arriver pour que ce soit fini. Alors, si tu te retrouves vraiment, tu as franchi. Quand tu as tout écrit, tu n’es plus là-bas. C’est ça la mémoire. C’est un passage, un passage actif : se remémorer compte plus que les choses oubliées. Il faut que la merveille t’appelle, te réveille. Deux ou trois fois par nuit. Ou bien deux ou trois fois par semaine, chez son psychanalyste. Pendant des années. Je ne me rendormirai pas. Malgré la douleur de se lever. Dormir/écrire… et retomber dans les bras dit maternels du sommeil au terme de cette conjonction/disjonction. Le poinçion de l’acte d’écriture vous a poinçonné. D’où vient cette certitude (maladive?) que la guérison passe par là ? Pourtant, rien n’est changé : seulement dit – mais bien dit. Et écrit.Arrêté, en quelque sorte. Voilà. Une fois écrit, ce sera dit. ‘

Extrait p.125 ( * lequel n’est pas sans mon petit ajout )

J’AI COMMENCÉ LA ROUTE, JE NE LE SAVAIS PAS, AU COEUR D’UN ÉTERNEL DÉSERT

Le psychanalyste est alors celui qui prend la main de quelqu’un pour l’accompagner et lui permettre d’apprendre de quoi est fait le rien, le noir, le sans-nom qu’il redoute tant ; peut-être alors est-il comme un chaman ou un Indien, celui qui sait lire dans les choses. Pouvoir faire confiance à quelqu’un qui sait faire ça n’a pas de prix, et ce n’est pas un travail d’apprendre les lois dans les livres, c’est un fruit de l’expérience. Je veux le dire avec force : il faut quand même bien comprendre sur quelle déchirure, sur quelle souffrance, sur quels renoncements repose le moindre concept lacanien.

A MA FILLE

Je ne peux que te donner quelques conseils et attirer ton attention sur quelques précautions. Tu sais peut-être qu’aimer doit s’apprendre, comme tout le reste. Il est donc difficile d’éviter, ce faisant, des erreurs (…)

PSEUDO & VÉRITÉ

Mes pulsions, toujours simultanées et contradictoires, m’ont poussé sans cesse dans tous les sens, et je ne m’en suis tiré, je crois, du point de vue de l’équilibre psychique, que grâce à la sexualité et au roman, prodigieux moyen d’incarnations toujours nouvelles. Je me suis toujours été un autre. Et dès que je rencontrais une constante : mon fils, un amour, le chien Sandy, je poussais mon attachement à cette stabilité jusqu’à la passion. »

LE SYMPTÔME AUJOURD’HUI

Mais comment travailler avec les parents et c’est une question que l’on peut se poser aujourd’hui pour pas mal de situations ; comment travailler avec les parents face à cette fascination pour les réponses toutes faites de la science, face à ce savoir absolu qui les aveugle et qui leur permet de ne plus se demander l’effet de tout cela, sur eux ou sur leur fils ? Existera t’il une possibilité de se poser la question de la vérité de ce petit garçon en souffrance ? Et qu’en est il pour ces parents-là ? Que se passe t’il dans notre monde actuel lorsque la modernité se propose d’éradiquer le symptôme en effaçant au coup par coup chacune de ses manifestations ?, que ce soit par une réponse rééducative, médicamenteuse ou chirurgicale ?

ADDICTIONS : CLINIQUE DES RISQUES ET DÉPENDANCES – 2019 / 2020

Formation du 22 Novembre 2019 au 07 Juin 2020- 100heures sur 15 journées regroupées les vendredis

Ce diplôme universitaire s’adresse aux différents acteurs (du DRH au médecin, passant par le personnel paramédical, travailleurs sociaux, enseignants et autres psychologues) intervenants auprès d’adolescents et/ou d’adultes ayant maille à partir avec une consommation toxique, quelle qu’elle soit (alcool, drogues, médicaments, alimentation, etc.), ou une addiction comportementale (téléphone, travail, sexe etc.)

INCIPIT VERS LA BEAUTÉ

Depuis des semaines, il luttait pour ne pas sombrer. Il sentait qu’il avait peu de forces, et les deux interrogatoires qui s’étaient déjà enchaînés lui avaient demandé un effort considérable. Pourtant, il ne s’était agi que de prononcer quelques mots, de répondre à des questions ne comportant pas le moindre piège. Il était revenu à un stade primaire de la compréhension du monde, se laissant souvent envahir par des peurs irrationnelles. Il sentait chaque jour davantage les conséquences de ce qu’il avait vécu. Allait-il seulement être capable de passer cet entretien avec madame Mattel ? « 

JOURNÉE MONDIALE DE LA VOIX – MERCREDI 12 JUIN 2019

9h00 – 18h30
Paris Diderot / Amphithéâtre A2

Cette année, en 2019, La voix entre Cuir et Chair, s’écorche vive aux aspérités de la parole, dans le corps à corps avec l’autre. Entre perception et conscience, elle s’incarne, se décharge, et travaille au burin l’oreille débordant parfois de surdité mortifère.

ÇA POUSSE AU DIRE

[ … ] Comme tous ceux à qui on recommande la psychanalyse comme ultime recours de pouvoir être reconnus comme artisans d’un dire, d’un dire qu’ils méconnaissent, d’un dire dont ils sont porteurs, dans l’extrême de leur singularité et qu’à être parlés par les autres, ils n’en sont pas moins détenteurs d’un dire qui cherche à se faire reconnaître. Je n’ai pas dit d’un dire qui cherche à se faire entendre, car il ne s’agit pas tant d’être entendu, qui toujours risque de nous rabattre sur le sens et le sens, que d’être reconnu dans cet appel qui confine à la demande d’amour. Car cet appel ici en jeu n’est pas sans lien avec cet appel premier auquel a été confronté le sujet avec le premier grand Autre qu’il aura rencontré et qui ne dit rien de ce qu’il veut. Du fait qu’il parle, le sujet demande.