SHAKESPEARE ? – Lundi 21 Novembre 2016

Théâtre & Psychanalyse,

A Corps Perdus

au Théâtre Poche Montparnasse

présente

le Lundi 21 Novembre 2016

à partir de 20h30
au
Théâtre Poche Montparnasse

EILEEN SHAKESPEARE 

de Fabrice Melquiot
par la Compagnie Les Ailes du Nord
mis en scène par Carole André et interprétée par Mélanie Lecarpentier

La pièce sera suivie d’un débat avec le public, la metteur en scène et la comédienne ainsi que Marianne Carabin et Margot Ferrafiat-Sebban, fondatrices de Théâtre et Psychanalyse, A Corps Perdus.  

Les RÉSERVATIONS se font auprès de la Compagnie Les Ailes du Nord par mail à contact@lesailesdunord.com ou par téléphone au 06 73 09 06 14
TARIFS
14 € Adhérents ACP
16 € Non adhérents

Pour soutenir financièrement le travail de Carole et Mélanie, vous pouvez participer en cliquant ICI.


Article écrit par Marianne Carabin

«  J’ai voulu changer la couleur de mon père et mon père tout entier. […] Je l’ai regardé sans pouvoir dire s’il était boucher ou marchand de bois. Alors je l’ai vu enfoncer des pieux dans la plante des bêtes. J’me suis vue devenir chèvre et crever un pieu dans le ventre par ce qu’il n’était ni l’un ni l’autre mon cher petit père ni boucher ni marchand de bois. 
Juste mon père. 
Il me tuait. »

Eileen ne l’ignore ni ne le forclos, le nom du père, mais d’une cage de rage que l’on nommait déjà et que l’on nomme toujours  « condition féminine » William Shakespeare, dit Eileen, ou l’inverse ?  Eileen Shakespeare, sans issue hormis celle du Non qu’elle rugit, se positionne, inaudible pourtant, Eileen se positionne et choisit une autre folie. Une autre folie que celle à laquelle elle était destinée. Elle choisit une folie salvatrice. Salvatrice par ce qu’elle ne peut se soumettre tout à fait. Folie par ce qu’elle ne peut se soumettre tout court. C’est alors face à nos propres choix de vie que l’on se retrouve, nous, spectateurs ; quel enfermement supporte t’on le mieux ? Quelle folie nous extrait elle le mieux de la folie de l’autre ? Entre délire et fantasme, quelle histoire se raconte t’on le mieux à soi-même ? Comment sortir de l’antre de la disparition ? De la non-existence. 

Ainsi, une question se déplace. La question ne serait plus celle de savoir qui a pu bien être le fabuleux et génialissime William Shakespeare, mais bien qui est cette mystérieuse et non moins furieuse Eileen Shakespeare ? William disparait presque alors car soudain le féminin l’emporte et Eileen, elle, porte, semblerait-il plus que le fils, plus que le frère, la question du père, de ses fonctions, de son nom, de son regard et par conséquent de ses effets sur nos vies non seulement à chacun mais aussi sur notre organisation sociale qui définitivement se lie intimement de cette fameuse «condition féminine». 

Me viennent en derniers mots ceux de Lucien Bonnafé, psychiatre désaliéniste, qui rappelait de toute son humanité que l’ « On juge du degré de civilisation d’une société à la manière dont elle traite ses fous ». Pourrait on ici ajouter « à la manière dont elle traite ses femmes »? 

 

 

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