JOURNÉE MONDIALE DE LA VOIX – MERCREDI 12 JUIN 2019

LA VOIX ENTRE CUIR ET CHAIR

La journée mondiale de la Voix, a vu le jour au Brésil le 16 avril 1999 et a depuis été reconduite dans différents pays. En 2010 à Paris, avec L’autre côté de la voix, elle a pris, à Paris, la forme singulière de ce « colloque voix/Psychanalyse » dédié à la voix a-sonore qui pulse au coeur de la parole. En 2011, La Voix Aveugle a tissé et métissé ce qui se trame entre voix et regard. En 2012, La Voix sur les braises a fait flamboyer le désir religieux qui nous la voix du sujet avec celle de l’Autre. En 2013, Vox Dolorosa a déplié les brisures de la voix dolente prise dans l’étau du corps-parlant. En 2014, La voix entre chien et loup s’est aventurée dans les structures psychiques, là où elle de l’ombre à la parole. En 2015, Voix des murs, Voix d’a-mur a joué les passe-murailles, traquant dans les fissures de la parole et les coursives du corps, l’appel à l’amour et à la mort qui s’y niche. En 2016, A bas bruit, la voix a tendu l’oreille au bruissement de la langue qui fait mi-dire la parole et tressaillir le corps du secret, à l’affut de la voix basse de l’Autre. En 2017, Voix à double tranchant a osé démasquer les voix hors-scène qui maintiennent la parole sur le fil du rasoir. En 2018, Voix en trompe l’oeil a joué avec le semblant et l’illusion qui brouillent l’écoute et font dévier une certaine Voix trompe la mort.

Cette année, en 2019, La voix entre Cuir et Chair, s’écorche vive aux aspérités de la parole, dans le corps à corps avec l’autre. Entre perception et conscience, elle s’incarne, se décharge, et travaille au burin l’oreille débordant parfois de surdité mortifère.

Mercredi 12 Juin 2019 de 9h00 – 18h30 

Paris Diderot / Amphithéâtre A2 

CHAOS, GAYA ET OURANOS

Didier Anzieu, 1966 : « Oedipe avant le complexe ou de l’interprétation psychanalytique des mythes »[1]

I. LECTURE DE LA MYTHOLOGIE GRECQUE

Deux au moins des concepts essentiels de la psychanalyse, le complexe d’Oedipe et le narcissisme, doivent leur nom à la mythologie grecque. Freud a achevé l’invention de la psychanalyse comme science spécifique, différente de la biologie et de la psychologie, en reconnaissant que la névrose, et aussi le devenir humain, se jouent sur le mythe d’Oedipe. Pour le découvrir, il ne suffisait pas d’avoir, comme tout un chacun, lu la tragédie de Sophocle. Il fallait, comme Freud le fit et comme il ne cessa de le recommander aux psychanalystes, être familier de toute la mythologie grecque, avoir des vues sur les autres mythologies, se tenir au courant des progrès de l’archéologie et de l’histoire des religions, des résultats des fouilles, des monuments et des textes significatifs mis à jour, des grandes hypothèses élaborées par les spécialistes pour rendre compte des mythes. A son exemple, essayons de refaire aujourd’hui le travail que Freud a commencé en 1897 et que, jusqu’à Moïse et le Monothéisme, il n’a cessé d’enrichir.

Relisons tout d’abord d’un trait la mythologie grecque telle que depuis plus d’un demi-siècle, l’immense érudition des philologues germaniques l’a établie sous une forme sans doute définitive. Notre principale surprise est d’y rencontrer presque à chaque page la fantasmatique œdipienne.

Les stades primitifs du complexe d’Oedipe

La théogonie grecque selon Hésiode s’ouvre sur un premier mythe – le mythe des origines – dont le caractère proto-œdipien est éclatant.
A partir du Chaos, tout commence à prendre un sens lorsque apparaît Gaïa, la Terre substantielle, non cultivée, qui divise le vide universel en trois zones : le milieu, qu’elle détient, l’au-dessus, et l’en- dessous. Gaïa produit plusieurs êtres, dont le premier-né Ouranos occupe la région du Ciel. A l’exception des êtres de la Nuit, engendrés du Chaos et qui vont peupler l’en-dessous, tout ce qui existe va naître du couple primitif et incestueux formé par Gaïa et son fils Ouranos: les dieux et les monstres. Seul le Ciel en effet « couvre » la Terre entière. Lasse de la fécondité perpétuelle à laquelle la condamnent les assiduités de son époux, irritée de la haine que cet époux porte à ceux de ses fils monstres qu’il contraint à vivre emprisonnés a l’intérieur de la Terre, Gaïa demande aide et vengeance à ses fils divins. Le dernier-né Cronos accepte de répondre à son désir. Armé d’une serpe qu’elle lui a donnée, il guette, caché, le commerce sexuel de ses parents, l’interrompt, émascule Ouranos et jette ses organes génitaux. Ainsi Cronos prend à Ouranos devenu stérile la royauté du monde. Ainsi la mère a réalisé deux fois son désir incestueux, d’abord avec Ouranos son premier fils auquel elle s’est unie de façon répétée, ensuite de façon indirecte avec Cronos son dernier fils, qu’elle provoque a voir la scène primitive, à éliminer le rival de la couche maternelle et à châtrer le père. Ainsi commence à courir à travers toute la mythologie grecque cet héritage du désir phallique et incestueux émanant de la Terre maternelle[2] et dont le sens après de multiples et d’infinies variantes, sera, terme humain des avatars divins, proféré en langage clair par un héros légendaire, Oedipe.
Plus jamais la castration réelle ne se manifesta chez les dieux[3] : Ouranos est le seul d’entre eux à la subir, comme ce Vieux de la Horde primitive, dont Freud a forgé le mythe dans Totem et Tabou, aurait été réellement tué et dévoré par ses fils. Mais les substituts symboliques de la castration sont dès lors repérables : jeter d’en haut, couper, crever, prendre la place et le pouvoir. Dès lors aussi l’oracle, à bien des héros et des dieux mâles auxquels il parle, répètera le même avertissement, la même malédiction : le mâle est voué à la stérilité ; s’il la transgresse, de lui naîtra un fils qui le tuera. Désormais au désir œdipien propre à la mère s’ajoute, dans l’histoire mythologique, la crainte et la menace œdipiennes propres au père.

LE CORPS N’EN FAIT QU’À SA TÊTE – 24 NOVEMBRE 2018 – NÎMES

24 Novembre 2018 de 9h30 à 17h00

Colloque annuel de l’association de la Cause freudienne

Auditorium du lycée Saint-Vincent de Paul, 3 Bd de Bruxelles, Nîmes

 

A la rencontre de cet inconnu : le corps

Argument : N’en déplaise à ses détracteurs comme à nos défenses névrotiques, la psychanalyse lacanienne n’est pas une pratique « d’intellectuels ». La question du corps y est centrale. On vient en analyse avec son corps, un corps que l’angoisse tétanise, aux prises avec une douleur inouïe, absurde. Et si ce sont pures pensées qui semblent tyranniser le sujet, le corps est aussi de la partie sur le mode d’un refus. A l’envers l’opposé de toutes promesses de maîtrise : « Je fais ce que je veux de/avec mon corps», l’expérience montre que celui-ci semble vouloir n’en faire qu’à sa tête ! L’accompagnement de sujets en grande difficulté, dont les corps s’agitent à l’excès ou que la violence déborde, confrontent au fait que nos diIT QU’À SA TÊTEscours semblent sonner dans le vide. Les bonnes résolutions, « pensées positives » et autres tentatives de suggestions sont d’un pouvoir très limité sur la souffrance rebelle et dont la « véritable » cause nous échappe…

CET AUTRE AMOUR – DIMANCHE 28 JANVIER 2018

 

Dominique Dyens, romancière présentera un récit de son expérience d’analysante, écrit avec beaucoup d’authenticité dans ‘ Cet autre amour ‘ où ce que l’on appelle « l’amour de transfert » l’aura, pour sa part, submergée. Le psychanalyste Paolo Lollo, cofondateur de l’association « Corpo freudiano Paris » et auteur de l’essai intitulé « Passages secrets de la psychanalyse » parlera du désir du psychanalyste et du transfert. Rémi Huppert, lui, évoquera la mémoire du trop méconnu compositeur et ami de Ravel, Gershwin et Chaplin, Alexandre Tansman dont on écoutera une partie de son oeuvre le Dimanche 28 Janvier 2018 au Salon littéraire de Dominique Salon Littéraire de Dominque Itzkovitch à 16h au Monterverdi [ 5 rue Guisarde 75006 ]

 

ALBERT EINSTEIN A SIGMUND FREUD

Pourquoi la guerre  ?

Lettre d’Einstein à Sigmund Freud

Correspondance entre Albert Einstein et Sigmund Freud.

Il s’agit de la version éditée à l’initiative de l’Institut International de Coopération Intellectuelle 

Société des nations, en 1933.


Potsdam, le 30 juillet 1932.

Monsieur et Cher Ami,

Je suis heureux qu’en m’invitant à un libre échange de vues avec une personne de mon choix sur un sujet désigné à mon gré, la Société des Nations et son Institut international de Coopération Intellectuelle à Paris m’aient, en quelque sorte, donné l‘occasion précieuse de m’entretenir avec vous d’une question qui, en l’état présent les choses, m’apparaît comme la plus importante dans l’ordre de la civilisation : Existe-t-il un moyen d’affranchir les hommes de la menace de la guerre  ?