LOUISE BOURGEOIS, QUELLE ADRESSE !?

Vous comprenez ? 

LOUISE Bourgeois

En retranscription, quelques mots clefs qui sonnent à l’oreille de celui qui est en analyse, forcément. A l’oreille du psychanalyste, pas moins. Quand l’art et la psychanalyse s’entre-servent avec une telle justesse, le ton est donné. Il s’agit bien de s’adresser à, de trouver une adresse et de faire d’une « idée bleue », une « idée rose » puis jaune, puis bleue, puis… On part d’une cruauté intime, honteuse, inoubliable, on chemine, on tourne en rond, pour peut-être un jour, si l’on ne flanche pas en cour de route, arriver à une libération, et introduire enfin de vraies personnes dans la maison. Quelle adresse !? De quelle adresse parlons-nous ? 

‘ – La cruauté, la guillotine s’exerce à l’intérieur des familles. [ … ]

– En réalité il y a une violence, une cruauté terrible, qui ne se montre pas.

– Qui ne se montre pas et qui ne s’oublie pas. [ … ]

SÉANCES APRÈS SÉANCES

En séance, comment ça se passe ? 

« Des fois je me sens très irrité ou jaloux d’une attention qu’il a pu marqué au patient qui va s’en aller dont j’ai pu percevoir quelque chose. Ou pas. Mais j’en imagine quelque chose. Donc ça, ça va créer aussi une ambiance dans laquelle j’ai finalement envie ou pas envie, donc ça vient brimer ou ça vient influencer. C’est quand même extrêmement compliqué de savoir ce qui fait une bonne séance ou ce qui fait une mauvaise séance. Au total, il y a sans doute pas de réelles mauvaises séances, il y a des séances où on sort frustré en se disant qu’on a quand même passé beaucoup de temps pour rien sur ce canapé, que il s’est ennuyé, que on lui a rien donné à manger. Ça c’est ma manière de penser qui … – Ah vous voulez lui faire plaisir ? – Oui bien sûr oui. Une expression que j’utilisais qui est sans doute très associative pour le coup, c’était lui donner du « bon mangé(r) », je voulais lui donner en séance du « bon mangé(r) ». Alors seulement on en lui donne pas toujours du « bon mangé(r) » et quand on lui donne du « bon mangé(r) » finalement je ne suis pas sûr que ça marche par ailleurs. Mais oui il y a ça. Et donc là évidemment on entend à quel point j’ai besoin de lui faire plaisir à cet homme là, oui et à ce qu’il reconnaisse que je veux lui faire plaisir. Et donc tout ça ça fait parti du travail. »

DE L’AMOUR AU SYMPTÔME

Quelle solution ? 

«  […] J’ai commencé à utiliser ce que j’avais appris après avoir fait une psychanalyse moi-même parce que c’est ça la psychanalyse, c’est pas une discipline, c’est pas un savoir qu’on va appliquer sur les autres. La discipline c’est d’abord une recherche sur soi-même, une recherche qui vise l’inconscient et qui n’applique pas un savoir. Le psychanalyste n’est pas quelqu’un qui a tout compris de son patient et qui cherche à appliquer sur lui ce qu’il a compris. Un psychanalyste apprend de son patient parce que la supposition fondamentale de la psychanalyse c’est que le sujet, chacun d’entre nous, a un savoir de ce qu’il est, de sa névrose, ou de sa maladie, si c’est une maladie plus grave que la névrose, et que c’est ce savoir-là auquel la psychanalyse va lui donner accès.

LE COMPLEXE D’OEDIPE A LA RACINE

De Chaos à Oedipe

Deux au moins des concepts essentiels de la psychanalyse, le complexe d’Oedipe et le narcissisme, doivent leur nom à la mythologie grecque. Freud a achevé l’invention de la psychanalyse comme science spécifique, différente de la biologie et de la psychologie, en reconnaissant que la névrose, et aussi le devenir humain, se jouent sur le mythe d’Oedipe. Pour le découvrir, il ne suffisait pas d’avoir, comme tout un chacun, lu la tragédie de Sophocle. Il fallait, comme Freud le fit et comme il ne cessa de le recommander aux psychanalystes, être familier de toute la mythologie grecque, avoir des vues sur les autres mythologies, se tenir au courant des progrès de l’archéologie et de l’histoire des religions, des résultats des fouilles, des monuments et des textes significatifs mis à jour, des grandes hypothèses élaborées par les spécialistes pour rendre compte des mythes. A son exemple, essayons de refaire aujourd’hui le travail que Freud a commencé en 1897 et que, jusqu’à Moïse et le Monothéisme, il n’a cessé d’enrichir.

ÉTRANGE ÉTRANGER

Patrick Guyomard nous cause

L’altérité n’est pas la différence. 

L’expérience de la psychanalyse, dans laquelle l’inconscient s’invite comme un hôte inattendu et insaisissable, est une expérience de l’Autre. Les modalités de l’altérité, du proche et du loin de soi, sont à la fois convoquées et constituantes.

 

Patrick Guyomard • Mai 2016 • Montpellier

MOELLE ET POÉSIE

Toute véritable pensée ne peut être, par définition, dominatrice

Voilà une parole à entendre au-delà de la question de la folie asilaire car il va s’en dire que celui qui sort de quelque bien-entendu que ce soit trouve un peu de répit à travers ce que tente de défendre ici dans ces seulement 3 minutes, Monsieur Lucien Bonnafé. Il y a l’art et il y a le commerce. Il y a le monde dans lequel on vit et il y a le sujet que l’on est et il y a de comment on se débrouille avec ne serait-ce que ces deux données là.

LES MYSTÈRES DU CORPS PARLANT

Extrait d’une conférence à propos du Corps parlant par Jean-Pierre Winter 

[…]

Adviendra ce moment quasi mythique, impossible en tout cas pour chacun d’entre nous à dater, ce moment où on acquiert la certitude qu’un enfant sait parler même s’il n’utilise pas les sons qui sont à sa dispositions et qu’il emprunte nécessairement à l’autre. On est tous des plagiaires. Ce moment, avec Helen Keller, il nous ai donnés comme celui où pour la première fois, dans ce contexte où la soumet miss Sullivan, Helen fera le lien entre, non pas Cake, c, a, k, e / tapoter sur la main, mais entre le mot « water » et l’eau de la fontaine. Un peu comme si chacun d’entre nous avait un mot clef par lequel il pouvait entrer dans le langage. Un mot et pas un autre. [ … ]