LE COMPLEXE D’OEDIPE A LA RACINE

De Chaos à Oedipe

Deux au moins des concepts essentiels de la psychanalyse, le complexe d’Oedipe et le narcissisme, doivent leur nom à la mythologie grecque. Freud a achevé l’invention de la psychanalyse comme science spécifique, différente de la biologie et de la psychologie, en reconnaissant que la névrose, et aussi le devenir humain, se jouent sur le mythe d’Oedipe. Pour le découvrir, il ne suffisait pas d’avoir, comme tout un chacun, lu la tragédie de Sophocle. Il fallait, comme Freud le fit et comme il ne cessa de le recommander aux psychanalystes, être familier de toute la mythologie grecque, avoir des vues sur les autres mythologies, se tenir au courant des progrès de l’archéologie et de l’histoire des religions, des résultats des fouilles, des monuments et des textes significatifs mis à jour, des grandes hypothèses élaborées par les spécialistes pour rendre compte des mythes. A son exemple, essayons de refaire aujourd’hui le travail que Freud a commencé en 1897 et que, jusqu’à Moïse et le Monothéisme, il n’a cessé d’enrichir.

ÉTRANGE ÉTRANGER

Patrick Guyomard nous cause

L’altérité n’est pas la différence. 

L’expérience de la psychanalyse, dans laquelle l’inconscient s’invite comme un hôte inattendu et insaisissable, est une expérience de l’Autre. Les modalités de l’altérité, du proche et du loin de soi, sont à la fois convoquées et constituantes.

 

Patrick Guyomard • Mai 2016 • Montpellier

MOELLE ET POÉSIE

Toute véritable pensée ne peut être, par définition, dominatrice

Voilà une parole à entendre au-delà de la question de la folie asilaire car il va s’en dire que celui qui sort de quelque bien-entendu que ce soit trouve un peu de répit à travers ce que tente de défendre ici dans ces seulement 3 minutes, Monsieur Lucien Bonnafé. Il y a l’art et il y a le commerce. Il y a le monde dans lequel on vit et il y a le sujet que l’on est et il y a de comment on se débrouille avec ne serait-ce que ces deux données là.

RÊVE

Le rêve : transport, métaphore de l’esprit. 


Celle qui passe

Il est arrivé à Paul Valéry de noter quelques uns de ses rêves. sans doute avait-il ses raisons pour ne pas les scruter. Mais il y a une leçon pour nous dans cette réserve. A force de nous intéresser au « contenu » du rêve, nous risquons d’oublier ce qu’il excite en nous.Le rêve, produit d’excitations, est en lui-même un excitant, qu’il soit plaisir ou douleur, car la douleur aussi excite : il est notre fièvre, notre reste nocturne. Son destin est l’oubli. Son résultat heureux : l’esprit en éveil, insatiable, curieux de lui-même et de ses oeuvres. En témoignent exemplairement les cahiers à couverture colorée, les liasses de papier conservées en secret d’un toujours très jeune homme que ni l’Académie ni son statut de « poète d’État » et de « prince des idées » n’auront réussi à endormir.

ALORS MOI AUSSI JE DIS NON ?

Pas de Ça, chez nous

Article écrit par Marianne Carabin

Ça parait simple comme bonjour.
Une rencontre comme il y en a mille. Une rencontre comme une autre. Un homme ? Une « femme ». Un bal. Une fête. Un regard. Une danse. Un baiser. Stop. Ça devrait s’arrêter là.
On ne veut plus savoir. Après ça, on ne veut plus savoir.

4h48 PSYCHOSE

‘Rien qu’un mot sur une page et tout le théâtre est là.’

Article écrit par Marianne Carabin

Sarah Kane, l’auteure, est morte à l’âge de 28 ans. A peine.
Pendue avec ses lacets lors de son ultime hospitalisation en institution psychiatrique. Reconnue par quelque Harold Pinter ou autre Edward Bond d’une part, décriée comme une adolescente provocante et suicidaire par d’autres, Sarah Kane interroge une réalité on ne peut plus d’actualité puisque se soulève à travers ses mots, à travers son texte, à travers sa réalité de vie mise en mots, mise en scène, à l’heure où sonne encore la perplexifiante dernière version du DSM (bible d’une des plus importantes politiques économiques), la question brûlante non seulement du diagnostique mais celle, non moins aigue, de l’institution publique hospitalière (ici psychiatrique) et de ses révolutions budgétaires qui affectent tant les moyens que les pratiques de soin.