LA-DAME-AVEC-QUI-ON-PARLE

« Mon but est d’encourager la parole. En fait, à la différence des médecins, voire des parents, je n’ai pas peur, ni d’eux, ni pour eux. En tous cas, si j’ai parlé de « neutre » c’est aussi par opposition à la fameuse empathie anglo-saxonne, qui pourrait du reste expliquer le recul de certains analystes devant la peur d’être entraînés dans le néant comme conséquence de leur propre adhésion au malheur de l’autre. Au contraire, ma position subjective était de renoncer à « comprendre » l’autre et, devant l’épreuve de la mort, de le reconnaître dans sa solitude radicale. »

UNE CHUTE SANS RECOURS

‘ Elle ne recherche aucun sens à la vie. Je découvre en elle une joie d’exister sans recherche de sens. Une régression véritable, en cours, en progrès, fondamentale. Le seul recours étant ici cette connaissance décisive de l’inexistence du recours. ‘

PERDRE ?, MOI ?, JAMAIS.

La stratégie de l’ego, c’est de ne jamais perdre. Eviter à tout prix le manque. Saturer le temps et l’espace. Rendre acceptable à la conscience toutes les raisons possibles d’échapper au vide laissé par l’autre quand il a disparu. On s’efforce d’oublier le reste, ce qui nous est difficile, voire contraire. La stratégie, fondée sur l’évitement, nécessite de la ruse. Quand la morsure de la perte réapparaît dans l’existence, à savoir que ce qui a été n’est plus, vient le sentiment d’indignité, de faute. De ce qui en nous a trébuché, n’a pas été à la hauteur. Persécution renouvelée du futur antérieur.

On peut mener le combat bien sûr. On s’y épuisera sans trouver la paix, on y gagnera aussi une intensité chaque fois renouvelée. Aucun « lâcher-prise » ne suffira à trouver la paix.

UNE SINGULIÈRE CAPACITÉ DE VIVRE

VIVRE AU RISQUE DU DIRE Extrait du texte écrit par Wanda Dabrowski Offre m’a été faite d’écrire quant à mon expérience de la psychanalyse, offre qui témoigne d’un lien de travail avec des psychanalystes dans une École. Écrire à partir de l’indicible, à partir de ce qui ne peut pas s’écrire, au coeur du noeud […]

LE JOUR OÙ J’AI PRIS LA DÉCISION D’ALLER CONSULTER ‘QUELQU’UN’

‘ L’envie de se cacher dans un cabinet de psychanalyste et de comprendre enfin comment ça se passe, ce qui se passe, ce qui se dit et comment ça se dit. De savoir si ça fait du mal ou si ça fait du bien. De savoir si ce psychanalyste est comme le mien, s’ils sont tous pareils ou si ce cabinet ressemble à celui qu’on a fréquenté. Et puis aussi on voudrait que l’analyste avoue. Est-ce qu’il souffre ? Est ce qu’elle compatit ? Est ce qu’il rêve ? Est ce qu’elle s’ennuie ? Est ce qu’il nous aime ? Et puis enfin surtout comment tout ça va finir ?

ZEN ET PSYCHANALYSE

Contrairement à ce que le conscient soutient dans son totalitarisme surmoïque, il y a un savoir, une pensée, des sentiments et des sensations qui échappent à toute saisie rationnelle parce qu’ils voyagent vers l’ailleurs, sur d’autres libertés possibles de langage.

WITZ OU LE MOT D’ESPRIT

Le Witz, ou trait d’esprit, met en rapport des choses et des pensées hétérogènes : il les condense, il les combine ou, mieux, il les marie, le plus souvent dans une mésalliance qui déclenche le rire de l’auditeur et surprend même celui qui l’énonce. le Witz a la fulgurance de l’éclair.

IMPITOYABLE

c’est un théâtre impitoyable. Sans truc. Sans truc. Tout est dans le texte. Il faut lire le texte. Le problème de l’homme de théâtre c’est savoir lire, rien d’autre. Pour servir un poète, incarner des personnages, il faut savoir lire. Et c’est tout le problème aussi : savoir lire. Etre dedans. Tout est dedans. Et ce qui est admirable dans cette oeuvre, quand on descend dans ses profondeurs, c’est que cet homme, dans la solitude de sa chambre, a fait le tour du monde contemporain, a fait le tour de l’humanité contemporaine, il a fait le tour du coeur de l’Homme du XXème siècle. A partir de la solitude de sa chambre. C’est Pascal.

« Tout le malheur de l’Homme vient de ce qu’il ne peut rester seul, dans sa chambre, une heure avec lui-même. »

Beckett a su faire ça. Il n’y a pas de truc, il faut le lire. Je ne veux pas dire que le théâtre de Beckett est abstrait, et oh quelle chance on a d’avoir des hommes de théâtre concrets !Absolument pas. C’est de l’inverse qu’il s’agit. Le théâtre de Beckett est extrêmement charnel. Qu’est-ce que c’est Fin de partie ?, C’est la proposition d’incarnation, de jeu, vivant, la pensée déjà contenue dans Godot

« L’air est plein de nos cris mais l’habitude est une grande sourdine. »