LE JOUR OÙ J’AI PRIS LA DÉCISION D’ALLER CONSULTER ‘QUELQU’UN’

‘ L’envie de se cacher dans un cabinet de psychanalyste et de comprendre enfin comment ça se passe, ce qui se passe, ce qui se dit et comment ça se dit. De savoir si ça fait du mal ou si ça fait du bien. De savoir si ce psychanalyste est comme le mien, s’ils sont tous pareils ou si ce cabinet ressemble à celui qu’on a fréquenté. Et puis aussi on voudrait que l’analyste avoue. Est-ce qu’il souffre ? Est ce qu’elle compatit ? Est ce qu’il rêve ? Est ce qu’elle s’ennuie ? Est ce qu’il nous aime ? Et puis enfin surtout comment tout ça va finir ?

COLETTE SOLER, L’OBJET a

Je parle de ce que Freud assignait comme l’objectif thérapeutique à l’analyse : rendre, disait-il, au sujet sa capacité à travailler et à aimer. Lacan reformule : l’objet a qui manque, fait support aux « réalisations les plus effectives », voilà pour le travail, et « aux réalités les plus attachantes », voilà pour l’amour.

ABRACADABRA

La première agit comme un procédé cosmétique, la dernière comme un procédé chirurgical. Celle-là utilise la suggestion pour interdire les symptômes, elle renforce les refoulements, mais laisse inchangés tous les processus qui ont abouti à la formation des symptômes. Au contraire, la thérapeutique analytique, lorsqu’elle se trouve en présence des conflits qui ont engendré les symptômes, cherche à remonter jusqu’à la racine jusqu’à l’issue de ces conflits. La thérapeutique hypnotique laisse le patient inactif et inchangé, par conséquent sans plus de résistance devant une nouvelle cause de troubles morbides. Le traitement analytique impose au médecin et malade des efforts pénibles tendant à surmonter des résistances intérieures. Lorsque ces résistances sont vaincues, la vie psychique du malade se trouve changée d’une façon durable, élevée à un degré de développement supérieur et reste protégée contre toute nouvelle possibilité pathogène. C’est ce travail de lutte contre les résistances qui constitue la tâche essentielle du traitement analytique, et cette tâche incombe au patient [ … ]

NOUVEAU(X) GENRE(S) – DIMANCHE 25 FÉVRIER 2018

Rendre compte du travail analytique lié au manque et aux « affaires de l’amour » c’est également rendre compte de ce qui revient, fait retour, ne cesse de ne pas rater, ce « je n’en veux rien savoir » poussant l’analysante du côté de la frustration et de l’imagination. Jacques Lacan a mis au coeur de la psychanalyse la question de l’amour, en tant qu’elle sous-tend notre rapport singulier au langage, nos relations avec les autres. Il la définit en opposition avec le capitalisme qui ne veut rien savoir des questions de l’amour et des symptômes qui y sont corrélés.

CET AUTRE AMOUR – DIMANCHE 28 JANVIER 2018

  Dominique Dyens, romancière présentera un récit de son expérience d’analysante, écrit avec beaucoup d’authenticité dans ‘ Cet autre amour ‘ où ce que l’on appelle « l’amour de transfert » l’aura, pour sa part, submergée. Le psychanalyste Paolo Lollo, cofondateur de l’association « Corpo freudiano Paris » et auteur de l’essai intitulé « Passages secrets de la psychanalyse » parlera […]

RÉSISTANCE À LA PSYCHANALYSE

« Le symptôme névrotique, à savoir sans cause organique apparente, est l’expression de cette attaque du lien et la résistance tient parfaitement là sa place puisque la question de ce qui nous lie est, bien entendu, « le plus important et le plus difficile des problèmes de la vie. »

LE PASSÉ N’EST PAS FIXE

Tout l’enjeu d’un voyage analytique n’est ni plus ni moins que ce qui est dit ci-dessus ; réécrire son histoire, SA « propre » histoire et cela quel que soit le terreau dans lequel les premiers noeuds auront été mis en scène. Alors, oui, cela prend du temps, un certain temps, un temps certain, car le fondamental du cheminement analytique est bien de tenir soi-même le stylo pour la réécrire cette histoire afin qu’elle soit enfin véritablement la nôtre et non de faire de son analyste un nègre qui écrirait notre histoire à notre place. Non. Tout ce qui se passe dans le cadre d’un travail analytique fait écho à des schémas relationnels répétitifs. Toutes les critiques, tous les sentiments, toutes les émotions, tous les actes qui viennent dans la relation analytique sont autant d’opportunités de pouvoir interroger ce qui se joue alors, ou ne serait ce que de le constater, afin de petit à petit se défaire de l’intensité gluante que nous n’avons de cesse de recréer toujours à travers chacune de nos relations.

Alors, que ce soit avec la psychanalyse ou la physique quantique, il s’agit d’ouvrir des portes insoupçonnées. C’est souvent cela qui effraie: que vais-je trouver derrière la porte? Rien d’autre qu’une réalité à réécrire.