LE SUICIDE, UNE PORTE

La nature a eu un mouvement de pitié ; elle ne nous a pas emprisonnés. Merci pour les désespérés !
Quant aux simples désabusés, qu’ils marchent devant eux l’âme libre et le cœur tranquille. Ils n’ont rien à craindre, puisqu’ils peuvent s’en aller ; puisque derrière eux est toujours cette porte que les dieux rêvés ne peuvent même fermer.

VOUS AVEZ DIT SUJET ?

(…) ce qu’on raconte au patient, mais il n’en a rien à faire ; c’est comme de l’eau sur les plumes d’un canard. Qu’est-ce qu’il s’agit de toucher ? Il s’agit du fait que le symptôme est dialogue avec, disons, un Autre. Vous pouvez y allez à coups de boulets pour essayer de contraindre, en appuyant comme vous pouvez pour que ça rentre bien dans la case ; donner une explication qui rendra la personne, à votre avis, plus heureuse. C’est une façon de faire ; je ne pense pas que ce soit la guérison au sens analytique du terme. (…)

LE GÉNIE DU DÉTAIL

Chaque détail, dans un rêve, figure le rêve entier. Tout élément qui le compose est à prendre en considération, surtout les fragments qui semblent ne se rapporter au scénario que de très loin. Ce qui apparait être le motif central du rêve n’est pas plus significatif que la couleur d’un « petit pan de mur jaune ». Les échelles de valeurs, d’urgence, de grandeur n’y sont pas respectées. Les informations les plus minimes, les chiffres donnés comme au hasard : tout est important.

LE RÊVE NE CÈDE PAS

si cette écoute est réelle, elle est d’une puissance de réalisation incomparable… Car avant que le corps tombe malade, avant que l’accident survienne, bref, avant qu’il soit trop tard, le rêve est là.

Il vous enseigne à s’avancer vers cette ligne de front où la guerre fait rage, surtout quand le conflit est dissimulé au revers d’une paix sur laquelle tout semble s’accorder. Car dans les replis cachés de la dépression blanche, dans l’insistance d’une fatigue dont rien ne vient à bout, ni repos ni somnifère, le rêve ne cède pas.

L’ESPRIT DU MOT WITZ …

La relation du mot d’esprit au rêve et à l’inconscient
[ … ] De la comparaison qu’on établit entre le contenu manifeste du rêve qui se trouve remémoré et les pensées latentes du rêve qu’on a découvertes de cette manière, résulte le concept de “travail du rêve”. Par le terme de travail du rêve, on désignera la somme totale des processus de transformation qui ont opéré le passage des pensées latentes du rêve au rêve manifeste. Ainsi donc, c’est au travail du rêve que s’attache le sentiment d’étrangeté que le rêve avait suscité auparavant en nous.

LA CENSURE ET LE RÊVE

En effet, toute symbolique universelle passe par la fenêtre du rêveur, et c’est cette vérité là dont il s’agit dans le travail analytique ; non pas La vérité absolue qui ressemblerait à quelque chose de la mort puisqu’il n’y aurait plus rien à attendre après ça, mais bien plutôt la vérité du sujet qui est le noyau constitutif de ce qu’il sécrète.

L’INTERPRÉTATION DES RÊVES – CHAPITRE VII (Extrait)

On peut toujours montrer qu’un second courant de pensées détermine les éléments que le premier n’avait pas déterminé. Si, par exemple, je voulais imaginer un nombre d’une façon tout à fait arbitraire, je ne le pourrais pas : le nombre qui me viendrait à l’esprit serait déterminé par des pensées qui peuvent être éloignées de mes intentions immédiates, mais qui n’en agissent pas moins d’une manière univoque et nécessaire. Les transformations que le rêve subit quand nous le racontons sont tout aussi peu arbitraires. Il y a une association d’idées entre elles et le contenu qu’elles remplacent, de sorte qu’elles nous aident à trouver ce contenu, qui peut-être a déjà été substitué à un autre.