Chacun est libre de tenter l’aventure, personne ne peut y être contraint, et rien ne garantira jamais qu’à s’y essayer le sujet rencontrera ce qu’il est venu chercher.
Mais justement, c’est de cette liberté que peu de gens veulent. J’en veux pour preuve ces demandes de conseils par lesquelles le sujet avoue que cette liberté de dire sans être interrompu lui est insupportable et qu’il lui préfère la servitude volontaire où il s’en remet à un autre qui le soulage de savoir. ( … ) Ainsi, ici reprocher à l’analyste, a priori, son silence, c’est dire la peur d’être libre. Peur bien compréhensible, mais qui sera traitée sans trop de compassion puisque cette liberté n’est rien d’autre que celle de se défaire de ce qui nous encombre et au premier chef de notre goût insatiable pour la dépendance.
Author: Marianne Carabin
HUMAIN JAMAIS TROP
La moindre des choses https://www.youtube.com/watch?v=ByTPAFMM-rI
PERDRE ?, MOI ?, JAMAIS.
La stratégie de l’ego, c’est de ne jamais perdre. Eviter à tout prix le manque. Saturer le temps et l’espace. Rendre acceptable à la conscience toutes les raisons possibles d’échapper au vide laissé par l’autre quand il a disparu. On s’efforce d’oublier le reste, ce qui nous est difficile, voire contraire. La stratégie, fondée sur l’évitement, nécessite de la ruse. Quand la morsure de la perte réapparaît dans l’existence, à savoir que ce qui a été n’est plus, vient le sentiment d’indignité, de faute. De ce qui en nous a trébuché, n’a pas été à la hauteur. Persécution renouvelée du futur antérieur.
On peut mener le combat bien sûr. On s’y épuisera sans trouver la paix, on y gagnera aussi une intensité chaque fois renouvelée. Aucun « lâcher-prise » ne suffira à trouver la paix.
LE GÉNIE DU DÉTAIL
Chaque détail, dans un rêve, figure le rêve entier. Tout élément qui le compose est à prendre en considération, surtout les fragments qui semblent ne se rapporter au scénario que de très loin. Ce qui apparait être le motif central du rêve n’est pas plus significatif que la couleur d’un « petit pan de mur jaune ». Les échelles de valeurs, d’urgence, de grandeur n’y sont pas respectées. Les informations les plus minimes, les chiffres donnés comme au hasard : tout est important.
GEORGES DEVEREUX, LA RENONCIATION À L’IDENTITÉ
Pourquoi des sujets qui expriment au travers d’un symptôme psychique une douleur morale, un souci d’origine variable, souvent une injustice, un malaise existentiel, une culpabilité ou autre, peuvent-ils croire aux vertus d’une drogue magique qui les libérerait de la nécessité de réfléchir, qui leur enlèverait leur libre-arbitre, qui les réduirait à l’état de corps en souffrance livrés à des médecins détenteurs du pouvoir de leur ôter leurs angoisses comme l’on sectionnerait un appendice enflammé ?
On sait bien que les antidépresseurs et autres drogues légales sont les masques qui éloignent les patients d’eux-mêmes !
Il faut dire qu’à ce jeu, ils ne sont pas seuls. Un grand nombre de médecins trouvent leur compte à disposer par ce biais d’un pouvoir sur leurs patients. Comme disait Lacan, “elles [les professions médicales] assurent en effet un homme de se trouver à l’endroit de son interlocuteur dans une position où la supériorité est garantie à l’avance”.
J’AI COMMENCÉ LA ROUTE, JE NE LE SAVAIS PAS, AU COEUR D’UN ÉTERNEL DÉSERT
Le psychanalyste est alors celui qui prend la main de quelqu’un pour l’accompagner et lui permettre d’apprendre de quoi est fait le rien, le noir, le sans-nom qu’il redoute tant ; peut-être alors est-il comme un chaman ou un Indien, celui qui sait lire dans les choses. Pouvoir faire confiance à quelqu’un qui sait faire ça n’a pas de prix, et ce n’est pas un travail d’apprendre les lois dans les livres, c’est un fruit de l’expérience. Je veux le dire avec force : il faut quand même bien comprendre sur quelle déchirure, sur quelle souffrance, sur quels renoncements repose le moindre concept lacanien.
A B Y S S E S
» Juste sous la surface, il y a un autre monde, et encore d’autres mondes à mesure que l’on creuse. Je le savais quand j’étais enfant, mais je n’en avais pas la preuve. C’était juste un sentiment. Il y a de la bonté dans un ciel bleu et les fleurs, mais une autre force […]
ALORS MOI AUSSI JE DIS NON ?
Pas de Ça, chez nous Article écrit par Marianne Carabin Ça parait simple comme bonjour. Une rencontre comme il y en a mille. Une rencontre comme une autre. Un homme ? Une « femme ». Un bal. Une fête. Un regard. Une danse. Un baiser. Stop. Ça devrait s’arrêter là. On ne veut plus savoir. Après ça, […]
SE FAIRE UN FILM
l’analysant ne s’adresse ni à un esclave auquel il s’agit de commander – il n’est pas le maître du dispositif –, ni à un élève qu’il s’agit d’éduquer – l’analyste ne doit pas être dans l’ignorance de ce qu’il fait –, ni à un maître qu’il s’agit d’interroger. Dans le dispositif de la cure, il s’agit de parler à un étranger pour tenter de cerner l’étranger en soi, l’objet du fantasme qui ordonne le cadre de la réalité.
HORS DE MOI
rien dans la vie psychique ne peut se perdre, rien en disparaît de ce qui s’est formé, tout est conservé d’une façon quelconque et peut réapparaître dans certaines circonstances favorables, par exemple au cours d’une régression suffisante.