INTRANQUILLE

Extractions 

174, L.I. (…)

C’est vrai, je n’ai pas dormi, mais je me sens mieux ainsi, quand je n’ai pas dormi du tout et ne dors pas non plus. Je suis vraiment moi dans cette éternité fortuite, symbolique de cet état de demi-âme où je m’abuse moi-même. Des gens me regardent avec l’air de me reconnaître, mais semblent me trouver bizarre. Je sens que je les regarde aussi, avec des orbites sensibles sous mes paupières qui les frôlent, et je ne veux surtout rien savoir du monde.

J’ai sommeil, tellement sommeil, le sommeil tout entier !

213, L.I.

Tout m’échappe et s’évapore. Ma vie entière, mes souvenirs, mon imagination et son contenu, ma personnalité enfin – tout m’échappe, tout s’évapore. Sans cesse je sens que j’ai été autre, que j’ai ressenti autre, que j’ai pensé autre. Ce à quoi j’assiste, c’est à un spectacle monté dans un autre décor. Et c’est à moi-même que j’assiste. (…) Il y a dans tout cela un mystère qui m’amoindrit et m’oppresse. (…) De qui donc, mon Dieu, suis-je ainsi spectateur ? Combien suis-je ? Qui est moi ? Qu’est-ce donc que cet intervalle entre moi-même et moi ? 

IL N’Y A PAS DE SENS EN SOI

Le désir,

contraint de se faire parole dans le moule de la demande, est donc captif du procès du langage. Cependant, en raison de son antériorité logique sur la séquence du discours qui le fait advenir, c’est tout le langage lui-même qui reste pris dans les rets des déterminations inconscientes du désir.

SENS ET VÉRITÉ

Sens et vérité en psychanalyse

On ne peut éliminer l’autre ( celui qui détermine à mon insu la valeur de vérité de mes énoncés ) qu’à ce prix : en se risquant d’écouter les anges mathématiques et, forcément, les démons trompeurs qui les accompagnent. C’est le risque de vouloir être absolument un, sans autre que soi-même.1 ‘

VOUS AVEZ DIT SUJET ?

Je pense : donc je suis*

En 1965, Lacan nous dit la chose suivante : « Explorer le champ du rêve, c’est remettre du signifié en circulation. » Mais pour quoi faire ? C’est pour l’évacuer purement et simplement.* Ce n’est pas du tout parce qu’on a compris quelque chose à ce qui se passe pour le patient, et on va lui expliquer, on va lui donner la signification de ce qui lui arrive. Il va en faire quoi ? « C’est très intelligent, ce que vous m’avez dit, c’est très bien… » Et puis, on le range dans la caboche avec le reste. Evidemment, rien n’a changé.

TIC TAC TIC TAC TIC

On ne rêve pas seulement quand on dort.

… ‘ qu’il puisse y avoir un dire sans qu’on sache qui le dit voilà à quoi la pensée se dérobe. C’est une résistance ontique. C’est ce qui fait tiquer tous les adversaires de la psychanalyse. Et c’est ce qui fait tiquer le patient, névrosé du moins, qui tient tellement à être maître de ce qu’il dit.’ 

TO BE IN READINESS

Révolutionnaire 1897, 

« Rébecca, ôte ta robe, tu n’es plus fiancée ! »

‘ Dr SIGM. FREUD Chargé de cours de Neurologie à l’Université. Vienne 21 Septembre 97 IX, Berggasse 19

CHER WILHELM,

Me voilà de retour, depuis hier matin, dispos, de bonne humeur, appauvri, sans travail pour le moment, et dés notre réinstallation terminée, c’est à toi que j’écris en premier.