« Il n’y a pas, dans ce roman, de trajectoire de guérison, ni d’accomplissement final. Le livre reste ouvert, inachevé, comme une invitation à demeurer dans une forme de disponibilité intérieure. Ce refus de la résolution, loin d’être un défaut, devient une posture existentielle : tenir dans l’incertitude sans se durcir, sans se refermer. »
Author: Marianne Carabin
MERES TOXIQUES : LE TABOU
La première remarque qui me vient est que dans chacune de ces situations se retrouve un point commun : la mère ne considère pas son enfant comme un être humain à part entière, devant peu à peu acquérir en autonomie et en responsabilité, mais comme une part d’elle-même, un prolongement, ou un objet, qu’elle peut utiliser, rejeter, martyriser et presque à volonté, puisque cet « objet » lui appartient. Elle a de ce fait tous les droits et tous les pouvoirs sur son enfant. La deuxième remarque est que cette toxicité de la mère n’est pas forcément visible […]
DU BON USAGE DE LA COLÈRE
Un texte de Jacques Sédat paru dans Études, novembre 2013 « Chante, Déesse, la colère d’Achille, fils de Pélée ; funeste colère qui aux Achéens valut des souffrances sans nombre et jeta en pâture à Hadès tant d’âmes fières de héros. » Ainsi, la colère est présente dès les premiers mots du texte le plus […]
ALORS MOI AUSSI JE DIS NON ?
Pas de Ça, chez nous Article écrit par Marianne Carabin Ça parait simple comme bonjour. Une rencontre comme il y en a mille. Une rencontre comme une autre. Un homme ? Une « femme ». Un bal. Une fête. Un regard. Une danse. Un baiser. Stop. Ça devrait s’arrêter là. On ne veut plus savoir. Après ça, […]
DÉSIR, MON TYRAN
» Mais la tyrannie du désir, c’est ce contre quoi nous allons chercher à nous protéger. Et nous avons pour ce faire des astuces épatantes. C’est fou ce qu’on est capable d’inventer pour se protéger de la tyrannie de notre propre désir ! Et l’une de ces inventions, c’est concrètement, pratiquement, la politique, qui consiste à renvoyer la charge de notre désir, en invoquant le désir d’un autre. C’est bien pour cela qu’il y a tellement peu de gens qui ont envie d’avoir le pouvoir, parce que, pour qu’on puisse s’en plaindre, c’est quand même plus pratique que ce soit l’autre qui l’ait.
Tout ce que j’avance là, à propos de la politique, se passe aussi (et surtout) dans les couples. C’est tellement plus économique de considérer que c’est l’autre qui fait faire certaines choses, … «
LE SUICIDE, UNE PORTE
La nature a eu un mouvement de pitié ; elle ne nous a pas emprisonnés. Merci pour les désespérés !
Quant aux simples désabusés, qu’ils marchent devant eux l’âme libre et le cœur tranquille. Ils n’ont rien à craindre, puisqu’ils peuvent s’en aller ; puisque derrière eux est toujours cette porte que les dieux rêvés ne peuvent même fermer.
HUMAIN JAMAIS TROP
La moindre des choses https://www.youtube.com/watch?v=ByTPAFMM-rI
PERDRE ?, MOI ?, JAMAIS.
La stratégie de l’ego, c’est de ne jamais perdre. Eviter à tout prix le manque. Saturer le temps et l’espace. Rendre acceptable à la conscience toutes les raisons possibles d’échapper au vide laissé par l’autre quand il a disparu. On s’efforce d’oublier le reste, ce qui nous est difficile, voire contraire. La stratégie, fondée sur l’évitement, nécessite de la ruse. Quand la morsure de la perte réapparaît dans l’existence, à savoir que ce qui a été n’est plus, vient le sentiment d’indignité, de faute. De ce qui en nous a trébuché, n’a pas été à la hauteur. Persécution renouvelée du futur antérieur.
On peut mener le combat bien sûr. On s’y épuisera sans trouver la paix, on y gagnera aussi une intensité chaque fois renouvelée. Aucun « lâcher-prise » ne suffira à trouver la paix.
LE GÉNIE DU DÉTAIL
Chaque détail, dans un rêve, figure le rêve entier. Tout élément qui le compose est à prendre en considération, surtout les fragments qui semblent ne se rapporter au scénario que de très loin. Ce qui apparait être le motif central du rêve n’est pas plus significatif que la couleur d’un « petit pan de mur jaune ». Les échelles de valeurs, d’urgence, de grandeur n’y sont pas respectées. Les informations les plus minimes, les chiffres donnés comme au hasard : tout est important.
J’AI COMMENCÉ LA ROUTE, JE NE LE SAVAIS PAS, AU COEUR D’UN ÉTERNEL DÉSERT
Le psychanalyste est alors celui qui prend la main de quelqu’un pour l’accompagner et lui permettre d’apprendre de quoi est fait le rien, le noir, le sans-nom qu’il redoute tant ; peut-être alors est-il comme un chaman ou un Indien, celui qui sait lire dans les choses. Pouvoir faire confiance à quelqu’un qui sait faire ça n’a pas de prix, et ce n’est pas un travail d’apprendre les lois dans les livres, c’est un fruit de l’expérience. Je veux le dire avec force : il faut quand même bien comprendre sur quelle déchirure, sur quelle souffrance, sur quels renoncements repose le moindre concept lacanien.